Moi et ma Pomme

Déboires d'un obsédé textuel

Archive for février, 2011

Le corps beau et le Soulârd!

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Mètre 80, sur son bar penché
Tenait en son verre une image.
Maître Soulârd, par la vue alléchée
Lui tint à peu près ce verbiage :
« Holà madame au corps si beau.
Que vous êtes jolie ! mais vous buvez de l’eau ?
Sans mentir, si votre bronzage,
Se rapporte à votre visage,
Vous êtes le pubis des hôtes de ce bar. »
À ces mots le corps beau en a déjà marre ;
Et pour montrer qu’il le voit,
Il ouvre un large bec et lâche un renvoi.
Le Soulârd s’en contrit, et dit : « A la belle heure,
Apprenez que tout buveur
Vis aux dépens de celui qui l’égoutte :
Cette leçon vaut bien un hommage, sans doute. »
Le corps beau, douteux et perdu,
Nota, mais un peu tard, que l’autre avait tout bu.

Parce que chez MeMP, on a aussi détesté La Fontaine et sa morale casse-noisette. Parce que chez MeMP, on est des frimeurs qui se la ramènent dès qu’il ont un peu de culture à tartiner. Mais surtout parce que chez MeMP, on est des gros soulârds qui se sont déjà pris pleins de râteaux parce qu’on était trop bourrés.

Sinon, il ne faut pas oublier de jeter un œil chez eux. Je pense qu’ils n’ont jamais entendu parler du Web 2.0, ou bien ils sont restés coincés dans un gif perpétuel, mais les différentes versions de ce conte sont assez cocaces.

Written by gringoteq

février 17th, 2011 at 12:59

Sex and the pipi

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Amertume matinale, émotions de bitume sur des notions de bitures. J’ai beau me racler la gorge, cette fichue glaire ne part pas. Tiens, c’est étonnant, je pense comme dans les romans. Personne n’utilise le mot fichu ou fait des phrases sans articles. Je rallume une clope. De toute évidence, le chemin est encore long. Les réverbères moisissent leurs dernières luminescences tandis que les Berbères vomissent leur première réminiscence. La fumée des Camel m’épargne momentanément cette vision blafarde. De ces volutes blanchâtres réapparaissent des flashs nocturnes. Mais pourquoi cette jeune femme est-elle agenouillée sur le trottoir ? Elle se refait une beauté devant le rétroviseur d’une caisse… Ha non, elle cherche sa jugulaire pour y planter sa seringue.
Polaroïd funeste. C’est étrange cet instant figé. Elle agit comme dans un spectacle ou une représentation conceptuelle à la con. Sauf que là il n’y a pas d’applaudissements. Juste un pauvre type qui fixe la scène, incapable de penser quoi que ce soit. La fumée se dissipe. Un clochard vomit sur le sol et un peu plus loin, un couple de jeunes branchés s’engueule. À moins que ce ne soit le contraire. C’est sans importance vue la quantité d’alcool que j’ai moi-même ingurgité. C’était où encore ? Je me souviens de ces murs poisseux et de tags un peu partout. Un vieux punk traçait ses lignes au couteau. Il y avait un bar. C’est pour ça que je dois autant pisser.
Un camion passe et dévoile une rue encore peu illuminée. Le brouillard s’écharpe en de longues trainées. Cette matinée est plus morne que jamais. Les rues semblent trempées d’une pluie ancestrale. Le dernier bar à putes encore ouvert le signale avec ses néons rouges. Des hommes se bousculent, une porte claque. Un être au maquillage dégoulinant extirpe sa minijupe d’un comptoir crasseux. Ses jambes osseuses craquent comme de vieilles béquilles. Sa voix est plus grave qu’un tunnel de montagne. Passagère de l’ombre, elle garde sa laideur pour ses proches, offrant sa beauté fugace aux projecteurs d’un soir. À 3heures du matin, sur les pistes de pool et l’alcool aidant, cette silhouette devient enveloppe gracieuse et objet de désir. Mais là, il est 7heures et j’ai envie de pisser.
Ce qui est bien avec la rue Defacqz, ce sont tous ces arbres dispersés devant les vieilles maisons. Ce qui est chiant, c’est le poste de police juste à côté. Et courir avec votre membre hors du pantalon après une longue soirée, alors que votre besogne n’est point achevée, est désagréable au plus haut point. Surtout un 14 février. Ha merde, c’est vrai. C’est la Saint Valentin !

Written by gringoteq

février 14th, 2011 at 2:16