Moi et ma Pomme

Déboires d'un obsédé textuel

Archive for octobre, 2011

Mort d’une chronique annoncée

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Pour ceux qui fréquentent ce blog comme je fréquente les bars, c’est-à-dire très rarement, vous avez sûrement pu vous apercevoir du délabrement dans lequel il a été plongé ces derniers temps. D’abord, des articles d’une moralité et d’une qualité plus que douteuse. Des phrases dont l’architecture feraient fuir le plus bigleux des académiciens, une sémantique qui fait honte à sa fonction, une dialectique inexistante à laquelle viennent s’ajouter des étalages de platitudes égocentriques couplés à de la pure mauvaise foi. Peu content d’ajouter sa brique au mur de l’inculture et de l’ignorance crasse, ce blog s’il en est a ridiculement cessé d’officier pendant une semaine, offrant une trêve aux chevaliers de la bienséance.

Néanmoins, si de tels travers ont vu le jour, nous ne pouvons totalement en blâmer son auteur, victime d’un voisinage légèrement intrusif. En l’espace de 3 semaines, sa modeste demeure, pour ne pas dire cabane, fût outrageusement pillée dans la plus pure tradition mongole. Loin du raffinement d’un Arsène Lupin ou de la sensualité de Bond, les cambrioleurs brisèrent la porte pour en retirer les uniques possessions de valeurs : les ordinateurs. Insatisfait avec leur première prise, ces démunis, d’humanité cela va sans dire, réitérèrent leur exploit, jetant l’auteur dans un profond désarroi.

Porte cassée: les joies du propriétaire

Peut être ont-ils interprété Proudhon à l’envers, appliquant alors la nouvelle maxime : « Le vol, c’est la propriété. » Les indignés répliqueraient que la faute est à imputer aux banquiers qui eux-mêmes nous volent, poussant les pauvres à se voler entre eux parce qu’ils n’ont plus le choix (poils aux bras). Ils rejoindront de la sorte ceux qui défendent les cagoulés qui volent leurs congénères et brûlent les voitures de leurs voisins. « Parce qu’ils n’ont plus rien, tu vois ? De toute façon, c’est toute la faute au système capitaliste… »  Un drôle de conception de la justice : si tu me voles, je vole chez les autres mais pas toi. Ainsi, les autres pilleront à leur tour jusqu’à ce que la boucle se referme.

Une autre victime

Si je vous conte cela, ce n’est pas pour faire étalage de mon infortune ou pour quémander une quelconque pitié (pour les commentaires, c’est au bas de la page- si vous voulez me faire un don, contactez mon agent- si vous êtes une jeune pucelle assoiffée de sexe, contactez ma femme) mais pour tenter de justifier l’aspect négligé de mon Blaugue.

Sans ordi, brisé comme la porte, vidé comme les armoires, sali comme le plancher et le lit, l’auteur a grand mal à penser à autre chose que sa propre misère. De plus, les ordinateurs ont le pouvoir de susciter le désir d’écrire. Tout comme les machines à écrire de Burroughs, les portables exhibent leur clavier, font reluire les possibilités d’échappatoire.  Parfois l’auteur est fade et sans idées mais la vue du clavier vient détruire ce monde incolore. Les touches ‘alignent comme une armée prête à exécuter toutes ses volontés : fuir le présent, créer de nouvelles circonstances, aplanir des questions turbulentes. Plus qu’un crayon et une feuille, l’alphabet exposé de la sorte pousse à l’écriture. Il attire l’auteur vers ses filets, le dirige pour être mieux manipulé, comme une femelle en chaleur. Chaque petite touche reluit devant ses yeux, fière de leur nudité et de leur pouvoir sur lui. Mais lorsque cette plateforme d’envol disparaît, son maître se sent abandonné, livré à lui-même et ses pensées malsaines, privé de son exutoire chéri.

Pendant ce temps, les racailles saccagent les apparts de voisins.

Ils feraient mieux de niquer la police, comme le clamaient leur maître à penser, plutôt que de niquer leur voisin. Niquer cette police d’incapable, à l’image du gouvernement, qui arrive 4 heures après avoir été appelé en urgence alors qu’ils sont situés à 5 minutes à pattes. Cette police qui te fait sentir coupable alors que tu es victime. Cette police qui exige 50 euros pour une pisse mais qui ne fait rien lorsqu’il y a un réel outrage. Et finalement, à l’image des indignés, on se demande qui sont les plus gros voleurs.

Affiche dans le métro

Written by gringoteq

octobre 22nd, 2011 at 4:14

Top 5 de la tehon nawak!

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D’un point de vue absolu, ce qui est humainement impossible, les êtres humains naissent libres et égaux en droit. Ce dernier point est lui aussi totalement faux et inappliqué, pour ne pas dire inapplicable. Pourtant, à première vue, dans une vision super large, il n’y a aucune raison de se casser la tête. Les individus souffrent tous de maux identiques, malgré ce sentiment d’être unique en son genre. Cette maigre conclusion inutile que je présente en introduction m’est survenu alors que je travaillais, l’un des rares moments où je me surprends à réfléchir. Les autres pauses temporelles de réflexion sont la vaisselle, la douche et le réveil post-déglingue.

Chez MeMP, on ne connait pas trop les sentiments. La peur, l’amour, le froid, la joie, tout ça, ce n’est pas pour nous depuis que nous nous sommes transformés en Zombie de l’espace. Mais on se souvient de moments difficiles auxquels nous étions soumis étant humain. Des dysfonctionnements bizarres, des craintes relatives à notre organisme et sa façon de se déplacer au milieu des autres individus. Bref, des trucs à la con qui nous ont intrigués. C’est pourquoi, nous avons rencontré Sergueï, du même nom que le rédacteur, afin qu’il nous conte ses moments de disgrâce.

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Le top 5 de mes moments de gêne,  par Sergueï.

5. L’au-revoir mal équarri. Cela m’arrive fréquemment. Je marche avec un pote, on se dit au revoir et chacun part pour prendre son tram. Mais il s’avère que son tram n’est pas là, et nous sommes obligés de patienter à nouveau. Non pas que sa présence me dérange, bien au contraire, mais l’au revoir représente pour moi la borne d’adieu après laquelle plus aucun mot n’est toléré. Si des paroles venaient à surgir, cela crée un paradoxe social dans lequel l’individu hésite entre une blagounette pour faire patienter la chose ou un vide gêné. Du grand lol où l’on ne sait plus si on a encore le droit de reparler pour ensuite se refaire une bise ou regarder son téléphone d’un air occupé.

4. Regards fuyants. L’ascenseur est le lieu privilégié pour ressentir ce type de gêne, à moins d’avoir un smartphone à portée de main. Malgré l’omniprésence de sentiments pornographiques ressenti dans ce lieu clos, ou peut être devrais-je dire à cause de cette omniprésence, je trouve toujours le plafond de la cabine extrêmement intéressant. Les autres occupants aussi. Heureusement, je me suis longuement entrainé dans le métro à regarder un point fixe dans l’infini. Je me suis transformé en le Clint Eastwood des transports en commun. Intransigeant, immobile malgré les intempéries, je reste insensible au monde environnant. Juste un moment débile où je ne sais jamais où regarder si je n’ai pas mon journal/mon téléphone/un pote/une connerie quelconque qui me distrait de l’éternel accordéon.

 3. Chier en public. Enfin, pas tout à fait en public mais dans les chiottes où d’autres carnivores transitent. Chacun de ces instants s’apparente à une scène de films à suspense. Le doux glissement du PQ sur son enveloppe de métal résonne comme un couteau que l’on aiguise. Le moindre plouf est accompagné d’un moment de crainte : « J’espère que personne ne m’a entendu ». En sortant de ce lieu intime, je m’attends presque à me faire agresser par un psychopathe cacavore. Du grand nawak pour célébrer un évènement obligatoire.

2. Seins, décolleté et malaise. Les doudounes sont l’illumination de ma vie. À leur vue, je retombe en enfance, ce qui plairait surement à Sigmund. Mon regard de vieux lubrique s’affadit en une tendresse gourmande et je contemple avec délice les rondeurs féminines qui devant moi se dressent. Et là, je m’aperçois que je n’écoute plus mon interlocutrice qui m’observe avec une moue étrange…

1. L’homme qui disait n’importe quoi à l’oreille de n’importe qui. Généralement, en soirée, mais aussi le reste du temps, il me sied agréablement de conter fleurette cochonne à qui a le malheur de m’écouter.  Il m’arrive souvent de m’égarer et de terminer par sortir des imbécilités monstrueuses : des blagues racistes, homophobes, machistes, apolitiques, et de très très mauvais goût. Rien de bien terrifiant jusque-là, l’alcool aidant justement à oublier le fait qu’il existe une bienséance et que l’être humain est rempli de concepts. Le lendemain quant à lui se fait le théâtre de la culpabilité. J’hésite à appeler tout le monde pour m’excuser de leur avoir dit des trucs qu’ils ont déjà oublié mais je me retiens, de peur de foutre un nouveau bordel dans une tête qui souffre déjà d’un réveil difficile. Pour déstresser, j’écris sur un blog.

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Non mais vraiment, quel con ce Sergueï. La prochaine fois, je prendrai quelqu’un avec de réels problèmes. Quelqu’un qui veut arrêter de fumer par exemple, parce que là, j’ai la solution !

Merci @UltranusAbitbol !

Written by gringoteq

octobre 8th, 2011 at 3:18