Moi et ma Pomme

Déboires d'un obsédé textuel

Archive for mai, 2012

Top 10 des cigales de blocus

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Coucou. L’époque splendide et rayonnante du blocus est revenue. La joie dégouline sur les murs de Facebook et les cigales de toute une année scolaire s’aperçoivent qu’elles auraient mieux fait d’étudier, comme papa/maman/Elio di Rupo l’avait demandé.

Les joies du blocus

Pourquoi les cigales ? Ne me dites pas que vous n’avez pas étudié La Cigale et la Fourmi, cette fable énormissime, drôle et pleine de finesse de ce cher La Fontaine? Mais voyons, ça coule de source (ba dum tss !).

Allez, je vous la ressers.

« La Cigale, ayant glandé
Toute l’année,
Se trouva fort dépourvue
Quand l’examen fut venu
… »

Vous avez compris la suite, je suppose.

Ce qui est drôle, c’est qu’en fait non. En cette période, toutes les cigales chantent dans toutes les directions pour justifier leur désarroi (un peu comme la vie quoi ?).  Certaines allant jusqu’à faire preuve d’une mauvaise foi considérable. Grâce ce réseau dont la RTBF vient d’apprendre l’existence et  que nous appelons plus communément Facebook, ces chants de désespoirs trouvent une place pour se matérialiser et éventuellement obtenir un écho sympathique.

Mais cessons de tergiverser, et faisons un Top 10 des procrastinateurs  cigales les plus chiantes présentes. Ce sera plus simple à comprendre, les listes à points permettent de faire de meilleures synthèses, et puis de toute façon, on est sur Les Internets, donc si vous lisez plus de trois lignes sans espacements, de photos de chats ou de gifs animés, vous partez.

@Bonjour Madame

(Une image sexy, ça marche aussi pour captiver le lecteur.)

Top 10 des cigales de blocus

10. Cigale Mélenchon. Elle râle tout le temps : sur les profs, sur l’école, sur la vie et toussa. Si elle ne parvient pas à étudier, c’est à cause du manque d’organisation de l’établissement et pas du tout à cause de sa fainéantise.
Phrases types : Ce cours, c’est trop de la merde. Ça ne sert à rien d’étudier ça. D’ailleurs, il est trop con ce prof.

9. Cigale Fourmi. Celle-ci, on se demande si elle a une vie. Le blocus n’a même pas encore commencé qu’elle fait déjà stresser tout le monde avec des questions étranges pour sa synthèse (oui, oui, il y a encore des gens qui font des synthèses. Comment tu crois que tu vas réussir ? Quelqu’un a dû l’écrire, cette synthèse). Elle ne vient pas boire des verres car elle doit étudier.
Phrases types : (Je ne lis pas les questions de la Cigale Fourmi car je rétablis la vérité au sein d’une discussion d’alcoolos. CQFD)

8. Cigale Ultimatum. A toujours besoin du mail/du contact/du numéro de téléphone/de l’adresse d’un professeur. C’est absolument important, une question de vie ou de mort.
Phrases types : Qqn aurait l’adresse mail de X ?

7. Cigale Féline. Ceci ne concerne que les étudiants qui possèdent un chat. Ce dernier, grand philosophe parce que n’ayant rien d’autre à faire, est également un formidable frein à l’archivage régulier de connaissances en vue de travailler au Quick d’obtenir un diplôme.
Phrase type : Miaou

 

6. Cigalcoolique. N’étudie plus du tout. Travaille pour avoir de l’argent pour se payer à boire pour oublier qu’il travaille pour se payer à boire.
Phrase type : Allez, arrête un peu d’étudier. Viens juste une heure, boire un verre.
(Tout le monde sait qu’une heure peut durer plusieurs jours si on compte la gueule de bois et le temps passé à recoller les morceaux avec Maman/chéri(e)/di Rupo/le chat.)

5. Cigale Déprimé. Vit déjà dans un futur hypothétique situé après les examens mais avant la fin des vacances. Se complaît dans le rêve (je me demande si elle n’est pas chrétienne, finalement…). Souvent associé à Cigale Mélenchon.
Phrase type : Y’en a marre de ce blocus. Vivement la fin des examens. Put1, c’est quand que ça se termine.

4. Cigale Skyblog. Rédige des questions incompréhensibles, en raison d’une orthographe toute particulière. On se demande parfois comment elle est arrivée aux études supérieures.
Phrase type : Kicé kan sé kil fô fére le travaï ???????
Tentatives d’explication :
- ne sait vraiment pas écrire comme il faut, a été éduqué via MSN, Morsay et Secret Story.
- possède un sens du second degré effroyable, que peu de gens perçoivent. Le langage sms est alors l’équivalent de la voix fluette lors d’une discussion. (Si si, on le fait tous et c’est souvent raté.) Pour se moquer de quelqu’un, pour imiter un pauvre type ou pour dénoncer son incapacité à gérer telle situation, on prend une voix fluette. Ecrire mal serait l’équivalent typographique de la voix fluette, une façon de tourner la réalité en dérision, de montrer le côté absurde de la vie, …
- n’a pas le temps d’écrire bien

3. Cigale Chuck Norris. (Rare) Partage tous les horaires, ses résumés, ses synthèses, a tous les contacts des professeurs, vous donne des conseils, est toujours de bonne humeur, répond aux statuts de Déprimé et Mélenchon et like leurs statuts. Réussi son année.
Phrase type : (Chuck Norris n’a pas besoin de parler.)

2. Cigale WTF. Pose des questions tellement zarbi qu’elle parvient à vous faire complètement stresser. Généralement à raison.
Phrase type : Vous étudiez la partie sur l’accouplement linguistique des étudiants chômeurs en milieu publicitaire ?

1. Cigale 9gag.
Phrase type : Lol.

En rédigeant ce Top 10, je m’aperçois que j’ai oublié une cigale. Cette dernière regarde toutes les autres cigales de haut, pense être au-dessus de tous ces cris de procrastination et se permet d’en faire un post de blog. Celle-ci risque de foirer de son année, si elle continue.

Voilà voilà. Si vous pouvez juste remplir ce sondage. C’est très long, ça prendra de longues minutes de votre temps d’étude et ça ne sert absolument à rien. 

Written by gringoteq

mai 18th, 2012 at 11:12

Ma première Gay Pride

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Allez hop. J’envoie ici un texte en vitesse sur mes impressions après la gay Belgian Pride. Ceux qui étaient avec moi doivent sûrement être en train de ronfler au milieu d’un mal de crâne et d’une bave dégoulinante. Moi, je n’ai pas cette chance, je devais me lever tôt pour assurer un maigre salaire d’étudiant.

Le moment le plus difficile, c’était ce matin.

Je prends le tram pour transporter ma carcasse vers son lieu de souffrance salariale quand je ressens une sale impression de déjà-vu. Etre levé aussi tôt dans les transports en commun…oui, ça me dit quelque chose. Et là, j’aperçois trois adolescents tardifs qui ne méritent même pas le surnom d’adulescent tellement ils semblent avoir du mal à supporter leurs paupières et leurs voisins. Hahaha, ais-je fait… puis je me suis rappelé que dans leur situation, je ricanais bêtement en voyant les gens prendre le métro pour aller travailler tandis que je rentrais de soirée, l’œil plein de rêves et d’alcool. Finalement, qui est risible ?

Là, pendu à mon crochet de tram comme une carcasse de vache dépecée que l’on emporte à la boucherie, j’ai enfin accepté le proverbe qui dit que « Le temps c’est de l’argent ! ». Pas dans le sens, perdre son temps, c’est perdre de l’argent. Mais plutôt, avoir la possibilité de perdre son temps, c’est la plus grande des richesses. Par perdre son temps, j’entends occuper son temps à des activités qui n’apporte rien en termes concrets, qui ne produisent aucun matériel fini mais qui sont des moments really jouissifs.

C’est ainsi que j’en arrive à la Belgian Pride. Avant d’y aller, j’ai croisé toute sorte de commentaires. « Pourquoi t’y vas, t’es gay ? » « Fait attention, tu risques de te faire enculer. » Ou encore, le « Alors, tu vas à la gay pride ? », comme si c’était une insulte gentille. J’ai bien compris le ton moqueur mais pas le sens. Des dangers, des risques à cette marche ? Nope, cher ami. Rien que de l’amour, de la sueur et quelques gens déguisés au milieu de drapeaux arc-en-ciel.

J’avoue qu’à un certain niveau, j’étais déçu. Je m’attendais à ce que les rues sentent le sperme et que les hommes ressemblent tous à des Chippendales bedonnants. Je m’attendais à voir des gouines moches montrer leur seins sur des chariots flashys et des vieux pédés faire tourner leur bouteille de Poppers pour tenter de s’enrouler quelques jeunes homosexuels frais comme la rosée du matin. Je voulais du spectacle construit à base de stéréotypes et de vieilles folles.

Dean Pelton (Community) // Celui que j'aurais adoré croiser...

Mais je n’ai rien vu de tel. Je parie que sur les 50 000 personnes présentes à l’évènement (merci Twitter pour ce renseignement), la moitié était hétérosexuelle, comme moi. Je dois avouer que je suis arrivé après que le cortège ait traversé la ville. Je n’ai donc assisté qu’aux vestiges du passage, vestiges qui se manifestaient sous la forme de milliers de personnes bourrées dansant joyeusement.

Pour ce qui est des critiques douteuses et des remarques auxquelles j’ai eu droit avant de partir, je leur répondrai d’aller faire un tour en TD avant de commenter la gay pride. Qu’ils aillent apprécier la délicatesse des chants estudiantins, le romantisme des pipes dans les buissons humides de vomi, des siestes dans les flaques de pisses et des accoutrements beaux comme une fiente de poule dans lesquels les commitards se pavanent en quémandant une piépièce parce que papa-banquier n’a pas voulu leur donner plus d’argent pour leur soirée Jupiler coupée à l’eau.

Concernant les appréhensions sexuelles, je n’ai même pas eu droit à une main au cul. Tout juste quelques propositions salaces de la part de potes trop bourrés, comme à chaque fois qu’on boit trop et qu’on s’aperçoit qu’on aime nos potes.

Après, n’ayant pas assisté à toute la Belgian Pride, je ne suis pas apte à juger l’image des homosexuels véhiculée par les cortèges. A vrai dire, je m’en fous un peu. Ce que je retiens, c’est que beaucoup de gens avaient le temps de participer. Ils avaient le temps de se regrouper dans le seul but de faire la fête (soyons clairs, je doute fort que quelqu’un aille encore à la Belgian Pride avec la certitude que cela change vraiment quelque chose à la condition homosexuelle). Et vu le nombre de sourires que j’ai croisé, c’était une perte de temps extrêmement précieuse.

Bon, je vous laisse car j’ai encore plein de choses à faire et le temps presse.

Written by gringoteq

mai 13th, 2012 at 8:03