Moi et ma Pomme

Déboires d'un obsédé textuel

Archive for juillet, 2012

MeMP est en vacances, mais pas tout à fait

leave a comment

Waiting for the date

Mon gros cul flasque et endormi coincé sur une chaise en bois supporte douloureusement mon agitation grandissante face à cette masse difforme d’où aucun son ne s’échappe. Une grosse boule est posée sur cette masse. Une proéminence nasale et deux pièces de chair latérales semblent donner à cette boule un aspect vaguement connu. Vestige d’une existence ou désir de survie, un son jaillit d’une fente restée jusqu’ici inaperçue. Cette masse peut donc communiquer.

Là, je me souviens qu’indeed, je lui avais posé une question. Mais avec un temps de réaction aussi rapide qu’un pétard noyé, l’oubli avait surpassé la réalité et j’en étais arrivé à scruter ce visage pour déchiffrer une quelconque trace d’existence. Puisque réponse il n’y avait, réflexion il y aurait.

Dans ma tête, j’avais commencé à calculer le nombre de choses intéressantes que j’aurais pu faire tandis qu’il s’essayait aux borborygmes langoureux, succédanés de réponses. D’abord, trois baffes énergiques sur ses joues gonflées par l’alcool, histoire de réveiller l’humain qui autrefois occupait l’espace de son métabolisme. Ensuite, aller se faire un thé, contempler les oiseaux batifolant dans les arbres dénudés des allées bruxelloises puis enfin revenir. Ce court instant passé (5 minutes), je reviendrais pour accueillir avec l’amour de l’étudiant accomplissant son job d’été la fameuse réponse tant espérée.

Seulement… non.

Dans ces moments-là, l’étudiant ferme sa gueule en attendant sagement les piécettes sonnant la fin de la journée. Tant pis si Mr le Boss conserve ses mots pour un usage strictement personnel (parler devant le miroir).

Alors on pense. (Kikoo Stromae !)

On pense au gaspillage du temps, de l’espace, de la réflexion. On se souvient de trucs importants, d’autres moins et de certains qui se donnent des allures d’importances mais n’en contiennent aucune. Puis d’autres qui sont exactement l’inverse.

C’était l’un de ces évènements importants où toute ma classe était conviée. Une conférence sur l’importance des médias sociaux. Un thème que j’affectionne particulièrement, raison pour laquelle je fus le seul de mon école à être présent.

Première contradiction : une conférence est censée apporter à ses invités un nouveau regard, une connaissance supplémentaire sur un sujet donné. Mais pour que ce sujet intéresse les participants, il faut que ces derniers aient déjà un minimum de connaissance sur la chose. Ce qui, bien évidemment, n’était pas le cas. Résultat : plus de la moitié de la salle vide.

Deuxième contradiction : une conférence censée expliquer l’importance des médias sociaux, leur rapidité, blabla. Mais tout ce qu’on y voit, c’est des informations déjà vieilles et une présentation trop grand public. Résultat : je n’y rien appris excepté le fait que ma connaissance sur le sujet était légèrement supérieure à la normale. (Toujours bon à prendre avant de déposer un CV au Quick.)

Toutefois, la conférence présentait quelques avantages.

Nous avons reçu des fardes en papier nous expliquant brièvement ce que nous allions voir par la suite (du papier à une conférence sur les médias sociaux). Je n’ai rien lu de ce qui était écrit…comme la plupart des personnes présentes, à mon avis.

Nous avons reçu une clé USB qui reprenait l’essentiel de ce que nous avions déjà vu à la conférence.

Nous avions une étiquette avec notre nom collé sur notre chemise.

Un drink était offert à la fin et…

… le prince Phillipe était présent. Magnifique représentation d’un symbole en parfaite décrépitude. Un individu dans la salle s’est levé lorsqu’il est entré tandis que le reste de la foule est resté callé dans son fauteuil avec micro et tablette. En même temps, qui en a encore quelque chose à foutre de la monarchie aujourd’hui ? Le seul symbole fort pour la Belgique aujourd’hui, c’est Elio di Rupo. Un homosexuel à la tête du pays, c’est autre chose qu’un vieux grincheux qui menace de démissionner lorsqu’il n’est pas d’accord…

Donc voilà. C’était un peu le festival du gaspillage mais ça ne me dérangeait pas outre mesure car un grand écran passait nos remarques sur Twitter sous le hashtag de circonstance. Ce qui était un peu con car les personnes présentes ne connaissaient pas le sens ni l’utilité du mot hashtag, sinon ils n’auraient pas eu besoin de venir. Heureusement, certains hurluberlus[1] en connaissaient l’usage, devenant par la même une sorte de terroriste de la communication, illustrant les précieux discours de phrases d’intention drolatique.

Une fois que trois éminences de la communication eurent terminés leur propagande nous démontrant comment les médias sociaux peuvent être un véritable outil de propagande, l’assistance fût amené à poser des questions (mais pas trop parce qu’on était déjà en retard.)

La question du prince Philippe m’avait alors particulièrement amusée. C’était une question qui sentait l’assistance d’un conseiller qui avait un tout petit peu moins dormi que le prince durant la conférence.

-          Oui, mais… est-ce vraiment objectif ?

FACEPALM ELLIPTIQUE

 

-          D’accord. Mets les chaussettes dans ce carton-ci, me répondit soudainement la masse informe après cinq minutes d’hésitation.

Il est vrai que l’autre carton avait la même taille et était exactement aussi vide. Ce qui peut vraiment porter à confusion…

Enfin. Il faut bien occuper son temps en attendant la mort. :) :) :)



[1] Il faut bien utiliser de temps à autre ce mot qui tombe dans l’oubli.

Written by gringoteq

juillet 20th, 2012 at 3:46

Eponge d’une nuit d’été

leave a comment

La tête scotché au matelas, les yeux vagues et les pieds dans le vide, tu attends douloureusement que ce mal de crâne passe. Tu écris à la deuxième personne du singulier parce que la première, c’est beaucoup trop de responsabilité. Tu presses un peu ton cerveau mais tout ce que tu en sors, c’est quelque larmes d’alcooliques et de vieux jeu de mots. William Jetranspire, 2 beer or not 2 beer, mon royaume pour un alka-seltzer…là ça devient beaucoup trop réaliste. Alors tu te rendors. Après avoir rêvé que tu chevauchais un tyrannosaure en petite culotte pour combattre des armées de nuggets commandés par George Bush Lafayette, tu te réveilles avec un sérieux doute. Mais qu’est-ce que t’as encore fait la veille ?

Au chapitre du grand n’importe quoi, il était conseillé de mélanger whisky, vodka et vin rouge avec de la bière. C’était très rigolo. Il y avait des blagues et des gens qui montraient leur cul dans la rue. Ou bien c’était toi. Mais à l’image de l’emploi de la seconde personne, tu diras que c’était les autres. Ensuite, il y eut des chats et là, le monde s’est inversé. Chat = origine du monde, n’en déplaise à Courbet. Si tu les vois à la fin de soirée, c’est que l’univers s’est inversé. Logique imparable !!!!! (Je mets plein de points d’exclamation parce que papa Skyblog m’a dit que ça augmentait mon coefficient émotionnel. D’ailleurs, <3 avec les mains, parce que quand je parle de chat, j’ai beaucoup d’amour pour l’univers.)

Au chapitre du petit n’importe quoi, il ne s’est rien passé, excepté une tentative de goûter les cigarettes électroniques (à vapeur ?). Mais le petit n’importe quoi, c’est un peu de la merde. C’est Jupiler qui me l’a dit et Eristoff me l’a confirmé. Ce sont des personnes de confiance et je ne remets pas leur parole en question.

Pour la conclusion, tu t’es un peu emballé. Comme dirait Tim Parks, il vaut mieux parfois ne pas terminer de lire son roman parce que la fin gâche la lecture. Les émotions se précipitent, le héros doit trouver une solution, les mots doivent s’organiser pour amener à l’achèvement et les dernières pages deviennent une torture. On sent que la fin approche, emportant avec elle ses personnages mythiques.

Mais ce que cet écrivain britannique avait oublié, perché sur son île froide au milieu de ses agents-goélands et des critiques de la City, c’est que parfois la fin est le meilleur moment du livre. Après avoir lu le petit mot qui conclue ce voyage de quelques heures, tu restes un moment sans rien dire, les yeux dans le vide et ensuite tu dis : « Putain de wtf ! ». Tu jettes ton livre contre le mur, tu te mets en poirier et tu cries des cochonneries. Parce que le meilleur des hommages pour un bouquin pareil, c’est encore de péter un câble, signe d’un grand bouleversement. Signe que le roman était vraiment de qualité.

Pourquoi je vous parle de bouquin ? Parce qu’une bonne soirée, c’est un peu la même chose. Parfois, elles sont tellement bonnes qu’après, tout ce que t’as envie de faire c’est de crier des insultes au ciel.

Bon, je vous laisse. J’ai rendez-vous avec une aspirine.

 

Written by gringoteq

juillet 6th, 2012 at 1:45