Moi et ma Pomme

Déboires d'un obsédé textuel

Archive for mars, 2013

Top 10 des clients qui méritent des baffes

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Pour plaquer leur chômage ou pour entretenir leur alcoolisme, nombreux sont les jeunes et les dinosaures qui tombent dans le travail, ce fléau qui rongent la vitalité de nos concitoyens. Que ce soit dans les super mégalopoles ou dans les hameaux de province, on peut apercevoir ces victimes du travail, les yeux rongés de fatigue et le cerveau dégoulinant des orbites. Zombies avant l’heure, ces masses de professionnels répètent inlassablement les mêmes gestes, préparant leur mort en économisant pour leur cercueil et sustentant leur descendance pour se convaincre que la vie a de l’importance.

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Chez MeMP, on est tout à fait différent parce qu’on fait exactement la même chose. On travaille pour se payer des études pour pouvoir accumuler des jobs de stagiaires non-rémunérés dans l’espoir de cirer les pompes de Pascal Nègre ou de Michel Drucker. En vérité, on sait qu’on va finir à vendre des Big Mac à emporter et que notre cadavre sera enterré dans une grande bouteille de Coca-Cola. Mais on continue. On frotte les manches de nos SS de patrons (tous les patrons sont par essence même des nazis) et on se laisse insulter par des clients aussi aigres que la sauce qui accompagne leur plat.

Afin de pouvoir continuer à économiser pour une place au cimetière, on laisse faire, on prend sur nous en se disant qu’on est vraiment des incapables et on se réfugie dans l’arrière-salle de nos pensées. Tu vois cette salle où courent des milliers de chats arc-en-ciel devant des fonds d’écrans fluorescents et des flash-mobs bigarrées ? Voilà, c’est là que se trouve le Serveur quand il débarque avec un visage inexpressif. Le Serveur a une connexion internet privée dans son cerveau qui lui permet  d’échapper aux attitudes grossières des clients.

Mais parfois, cette connexion lâche et le serveur prend conscience de la réalité. Alors, il se branle dans ton plat il se sent blessé et cherche à se venger en dressant une liste des pires clients :

1.      La parano

Quand vous lui tendez le menu, elle vous regarde d’un œil mauvais comme si vous vous apprêtiez à la violer dans les toilettes. Forcément, vous n’avez pas trop envie de revenir et vous préférez laisser une collègue s’occuper d’elle. Mais comme cette dernière est aux prises avec une table de gros beauf cherchant à lui soutirer son numéro, vous vous résignez à affronter son regard apeuré. S’ensuit alors une diatribe ennuyeuse où chaque plat est commandé sur un ton agressif, les commissures des lèvres définitivement tournées vers le bas. La parano est persuadée que personne ne veut la servir…et elle n’a pas tout à fait tort.

Traitement conseillé : http://adopteunchat.com/blog/

2.      L’hyperconnecté

Le regard désespérément noyé dans son smartphone, scrutant son klout avec angoisse, l’hyperconnecté ne sait pas si vous êtes un homme,  une femme, un robot ou un chien. Il s’en fout, vous n’êtes qu’une interface entre sa nourriture et son avatar. Comme il doit entretenir son corps pour être tenu au courant des évolutions de son e-reputation, il se nourrit. S’il va au resto, c’est pour ne pas perdre de temps – les plats au micro-onde, c’est encore trop long. Mais bien que son corps soit au resto, sa communication est prisonnière d’Instagram et varie selon le pourcentage de Like. Pour l’addition, penser à la faire en 140 caractères.

Traitement conseillé : une paire de claques et le smartphone dans son verre d’eau gazeuse.

 

3.      La stressée

Alors que vous courez d’un bout à l’autre de la salle, un verre pour le couple de Chicanos, une soupe pour les flamoutch’, trois desserts pour la cinq, voilà cette bonne femme qui exige que vous vous arrêtiez pour elle. Essoufflé, vous lui accordez trois secondes, persuadé que le spectacle de votre silhouette maigrissant à vue d’œil lui aura fait comprendre que d’autres attendent. Au moment de prendre sa commande, cette cliente qui avait emplit la salle de gestes d’attention ne sait plus quoi commander…

Traitement conseillé : un bain moussant avec un bon gros joint

4.      Le hautain

Vieux beau, sûrement père de quelques enfants qui font sa fierté mais qui le détestent, réussite ostentatoire et parfum de convaincu, le hautain se désespère de votre médiocrité. Au comptoir, il manifeste son impatience en soufflant très fort et vous indique comment mieux faire votre travail en vous traitant de stupide. Il commande sans vous regardez, vous coupe la parole lorsque vous répondez à ses questions et vous signale qu’à Tokyo, on fait bien mieux les sushis qu’ici. Mais bon, vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes qu’un étudiant et vous transpirez la politesse. C’est dégueulasse et ça ne mérite aucun pourboire.

Traitement conseillé : dormir une semaine dans un carton

5.      Le centre du monde

Cette pauvre choutte a eu une journée très difficile et peut enfin se détendre tranquillement dans SON resto avec sa musique trendy, ses remix lounge-house de Nouvelle Vague et ses mashup de Cocorosie-Amy Winehouse. Elle tient sûrement un blog de mode donc SES goûts incarne le must de la platitude. Après cette longue journée rendue accablante par la présence de SA copine plus volubile qu’elle, le centre du monde s’exaspère du peu d’attention que vous lui portez. Dès lors, si vous lui apportez le mauvais cupcake, ELLE le prendra personnellement. Mais c’est normal. Vous n’êtes qu’un serveur vicieux et méchant et vous vous êtes trompé de commande volontairement dans le simple but de lui pourrir SA vie. Et ne venez pas me dire que vous êtes distrait parce qu’il y a plein d’autres clients qui attendent…

Je veux mon cupcake. Maintenant!

Traitement conseillé : deux heures en centre fermé (pas plus de 2h ou elle finira à l’asile psychiatrique)

 

6.      L’alcoolo-rebelle

Connard fini, individualiste instable et moraliste de son trou de balle, l’alcoolo-rebelle est persuadé que casser des verres sur le sol du bar et traiter à haute voix de sujets hautement dégueulasses est la meilleure façon de résister à la mort. Chaque cl de bière est un pavé lancé sur le mur de la bienséance et chaque cellule de son foie qui se ronge est la preuve d’un héroïsme à la James Dean. L’alcoolo-rebelle insulte tous ceux qui mettent en doute son combat et trouvent sa noyade plus proche du désespoir que de la rigolade. Ce client est insupportable, il fait plein de bruit, insultent les flics, le MR et ceux qui croient encore en Karl Marx, drague ta reuss’ et vous fera le pire des coups de putes. Je m’excuse pour ceux qui ont du me supporter dans ces moments là.

Traitement conseillé : cinq mois de prières dans un monastère

 

7.      Le râleur sachant râler

Le râleur a toutes les raisons de tirer la gueule : il n’est pas le premier à être servi, sa soupe est trop chaude, il a du faire la file aux toilettes, son steak est plus petit que celui de sa compagne, le vin blanc est trop froid, le supplément mayonnaise n’est pas gratuit, le pape a démissionné, les jeunes ne sont que des connards d’individualistes, il a eu une enfance difficile. Pauvre étudiant demeuré, vous n’avez aucunement conscience du nombre effroyable de raisons qui ont causé son malaise. C’est vrai, vous n’avez fait que trainer toute la journée en classe et vous travaillez en soirée  uniquement pour faire un peu de sport. De toute façon, vous êtes jeunes alors allez-vous faire foutre.

Traitement conseillé : Asa Akira et Anna Polina en mode BDSM

8.      L’indécis

L’indécis est mignon comme un hamster et ne dérange personne. Seulement, lorsqu’arrive le moment de prendre sa commande, ses yeux s’affolent et ses mains se mettent à trembler. Il perd la voix au moment de commander et tourne les pages du menu à la recherche du nom salvateur. Mais rien ne lui correspond tandis que tout l’intéresse. Entre temps, vous notez la commande de sa compagne et lui proposez de revenir quand il aura fait son choix. Mais il a fait son choix…c’est juste qu’il n’est pas certain. Durant ces 3 minutes de tergiversation, vous scrutez la salle : le centre du monde ne comprends pas pourquoi vous ne déroulez pas le tapis rouge jusqu’à SA table, la stressée tombe en apoplexie et mouline l’espace tandis que votre collègue balance une soupe bouillante sur les bras de la grosse pute.

Traitement conseillé : une autoroute de cocaïne

9.      La grosse pute

La grosse pute n’est ni homme ni femelle, c’est une métaphore. J’utilise le féminin parce que la dernière à qui j’ai eu affaire était une femme. La grosse pute a une attitude qui donne envie de lui tirer dessus avec des boulettes sauces tomates et de l’étouffer avec des crêpes. Cette connasse gluante reste persuadée qu’une table est faite pour accueillir ses avant-bras, ses coudes et ses gros nichons et que ses plats tiendront en apesanteur. Quand vous débarquez avec trois assiettes dans les bras, le cendrier entre les dents et la casserole sur la tête, elle ne bouge pas d’un cil, excepté pour râler que vous osâtes la déranger dans sa reproduction in-vivo du Penseur de Rodin.

Traitement conseillé : lâcher l’Encyclopedia Universalis en 30 volumes sur ses bras

10. Le serveur servi

Lui c’est le pire. Toute l’année, il encaisse les sarcasmes de sa clientèle, il écoute avec une rage contenue ce couple grogner sur la qualité de la bouffe, il se met à quatre pattes pour excuser un truc anodin et jette son amour en boule froissée dans le panier du linge sale. Il se fait engueuler par un connard de patron (pléonasme, oui je sais) qui harcèle ses collègues féminins pour qu’elles viennent lui lécher le sexe. Quand finalement ce serveur aigri sort pour bouffer, il se la joue « la vengeance du prof frustré ». Il fera les pires remarques aux serveurs, les traitera avec dédain, leur fera endurer ce que lui a souffert, renverra ses plats soi-disant pas « à point » puis se tournera vers son compagnon avec un air innocent : « De toute façon, c’est leur travail. »

Traitement reconseillé : s’abonner à Moi et Ma Pomme

 

Prostitution Vlogueur-Style : Si vous aussi, vous avez des expériences de contact avec des clients à baffe à raconter, je vous invite à visiter la section commentaire (ci-dessous) ou la page Facebook  ou le compte Twitter. L’injustice continuera d’être injuste, les méchants permettront toujours aux gentils d’exister mais au moins on pourra se faire des papouilles.

Written by gringoteq

mars 23rd, 2013 at 4:43

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Nabilla, je te keur !

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Dans les arènes médiatiques où chaque jour viennent s’affronter les gladiateurs de la médiocrité a récemment triomphé la pulpeuse Nabila, au bagout aussi incertain que ses informations. Esprit volage et bouche voluptueuse, ses propos quasi dadaïstes ont bouleversé les esprits cartésiens pour qui la guerre mondiale a eu lieu entre 1914 et 1918. Rigolards et rigolos, ces esprits auxquels j’appartiens se sont emoustillés à l’idée que quelqu’un puisse être plus bête qu’eux. Ayant finalement trouvé un bouc émissaire, nous avons dirigé notre masse moutonneuse et panurgienne vers cet échappatoire social, ce discrédit de la culture dont la plastique évacue tout souvenir de cerveau, et nous avons enfin atteint ce trône de l’intelligence supérieure.


« Les Anges de la téléréalité » : Nabilla, du… par lefigaro

Oui, moi aussi, j’ai ri une vingtaine de fois en me visionnant cette vidéo 10 fois par jour. Oui, j’ai un peu baillé devant les parodies (Dorcel, la Chute, Die Hard,etc.). Oui, j’ai simulé une voix de pétasse en mimant un téléphone. Oui, j’ai réadapté le « Allô » à toutes les sauces. – Quoi, tu sors en boîte et tu ne prends pas de cocaïne ? Non mais allô quoi, tu sors en boîte et tu ne prends pas de cocaïne ? …

Au début, je trouvais ça fantastique, l’humour gratuit, faire de la bêtise avec de la bêtise. En principe, j’adore ça. Surtout que ça nous changeait du harlem shake. Et puis, ça nous a réunis face à un ennemi commun. Durant quelques temps, Nabilla a mis fin à nos guéguerres de travail, où chacun s’envoyait les pires méchancetés sur le ton de l’ironie avant de réellement se prendre la tête. L’espace de quelques baillements, le mal sur la terre ne résidait plus dans les travers et les erreurs de nos concitoyens mais dans les propos de notre chère Nabilla.

« Allô, vous êtes un restaurant et vous n’avez pas de thé ? Non mais allô quoi… »

Ces boutades légères ont forcément généré des commentaires dignes des plus fins analystes. « Et en plus elle est trop moche.- Ouais, grave, ssk’elle est conne.- Je parie qu’elle est refaite de partout.- Oh, mon dieu, c’est trop horrible. »

Incapable de commenter mieux que mes congénères et soucieux d’être toujours à l’avant-garde du lol, j’ai ressenti le vent glacé de la ringardise me congeler la nuque. Tandis que mes collègues devisaient tranquillement sur le fait que la plastique de Nabilla les répugnait, je m’écroulais sous le blizzard du OLD. Nous avions atteint exactement le point où le mème quitte sa niche humoristique pour s’enfoncer dans le ragotage plat et  insubstantiel digne d’un Public ou d’un Ooops. Nabilla avait transformé les auditeurs en Anges de la Téléréalité, ses quelques affirmations un peu maladroites avaient fait de notre plat pays une téléréalité à l’échelle nationale. Nous n’étions plus que des Kevin et des Steevy dans un immense loft à ciel ouvert, se crêpant le chignon pour une histoire de shampooing.

Rien que pour ça, Nabilla je te keur. Tu es devenue à la fois un véritable leader d’opinion et un fait d’actualité. Tu es au centre des discussions et sert à la fois d’échappatoire aux moments de gêne. Tu nous as transformés en vieille concierge et nous a donné un nouveau support de blagues.

Il y a juste une chose que je me demande. Comment es-tu parvenue à faire cette analogie aussi parfaitement absurde ? Dans quel univers le fait de ne pas avoir de shampooing est équivalent au fait de ne pas avoir de cheveux ? J’ai bien tenté de réitérer l’exploit avec d’autres sujets mais je n’y suis jamais parvenu. Je dois vraiment avoir un esprit trop cartésien, trop obsédé par la rationalité.

Nabilla, tu es une artiste et je te keur !

P.S.: Avoue-le, tu l’as fait exprès…

Written by gringoteq

mars 18th, 2013 at 2:40