Moi et ma Pomme

Déboires d'un obsédé textuel

Archive for avril, 2013

Comment gagner 20 pages en se touchant ?

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Une main sur la souris, l’autre dans le pantalon, vous arpentez d’un œil vaseux les couloirs interminables des Internets en maudissant Dame Nature d’avoir enfanté des actrices pornos à la plastique si parfaitement refaite. L’œil torve et le cerveau plat, vous relisez un dernier article vantant les mérites de la procrastination en vous demandant pourquoi vous avez choisi des études où il faut à la fois étudier et travailler. Après avoir jeté votre pile de kleenex usagés (« les hommes savent pourquoi »), vous vous apercevez avec effroi que vous avez un travail d’une quarantaine de pages à rendre pour la veille et que définitivement vous pouvez aller vous inscrire au chômage.

Pour éviter de vivre ces situations banales, MeMP, le blog plus humanitaire qu’un Super-Saiyan de Sœur Emmanuelle et l’abbé Pierre ayant fusionné pour sauver les pauvres, vous délivre ici quelques joyeux conseils. Comment faire pour rendre un travail avec le nombre de pages exigées tout en continuant à se palucher ?

 

  1. Interligne 1,5, taille de police 12 pour le texte. Modifier la mise en forme automatique de Word est assez contraignant mais vous fera gagner 2 à 4 pages, selon ce que vous avez déjà écrit.

  2. Faire plein de grands et gros titres (bon pour le sommaire ça !).

    Cette option allongera votre table des matières, qui soudain prendra 2 pages au lieu d’une seule et espacera vos textes. Gain jusqu’à 4 pages.

  3. Aérer le texte pour faciliter la lecture.
    Les profs n’aiment pas quand un texte est trop compact.
    Vous, par contre, vous adorez quand vous pouvez insérez des espaces entres vos phrases.
  4. Référencer un max[1]: ça remplit vos bibliographies et ça prend de la place.
  5. Ajouter plein de graphiques et de photos. Gain : 15 pages d’un coup. En plus, ça facilite la lecture et donne des infos que nous n’avez même pas besoin de construire.
  6. Faites des paragraphes plutôt que des blocs monolithiques.
  7. Séparer vos chapitres avec une page pleine rien que pour le titre. La glande parfaite : vous racontez de la merde mais avec classe. 3 chapitres ? 3 pages de gagné.
  8. Placer un max de citations: poudre aux yeux derrière laquelle vous vous évitez tout effort de réflexion personnelle. Remplissez votre travail de citations et vous vous éviterez d’être jugé pour des conneries puisque ce n’est pas vous qui le dites. De plus, ça remplit les pages, ça vous fait des bibliographies.

    « Il ne faut jamais remettre à demain ce qu’un autre peut faire le surlendemain. »

    - Internet -

    Mais, me dites-vous, cherchez des citations, c’est encore trop de travail. Soit. Mais c’est parce que vous vous y prenez mal. La connaissance fonctionne de façon réticulaire. Tout peut s’associer avec tout, du moment que c’est justifié. Pour ce faire, ouvrez un livre en rapport avec votre thématique et prenez une page au hasard. N’importe quelle ligne fera l’affaire.

    « Dans l’administration, on ne doit pas dormir au bureau le matin sinon on ne sait plus quoi faire l’après-midi. »

    - Coluche -

     

  9. Surtout, réfléchissez le moins possible.
  10. Ne vous cassez pas le cul, vos profs ont tellement à corriger qu’ils vous corrigeront sur l’apparence. L’important n’est pas de réussir mais de faire en sorte qu’on croit que vous avez réussi. Pourquoi pensez-vous que les émissions de téléréalité fonctionnent aussi bien ? Il n’y a que l’apparence qui compte.

Si vous appliquez ces conseils, il y a de fortes chances que vous obteniez une meilleure note que votre voisin no-life qui passe ses cours au premier rang, surligne tous ses syllabus NOMINATIFS au marqueur fluorescent, marque ses pages avec des post-it et commence à stresser avant même que vous appreniez l’existence d’un travail à rendre. Ce voisin a sûrement des choses bien plus complexes à présenter que vous mais il ne s’impose pas comme un gros éléphant prétentieux. (Et en plus, je parie qu’il a lu le vademecum sur le règlement intérieur de l’école. WTF, quoi!)

L’apparence….

Regardez combien ce post semble long alors qu’il ne raconte rien d’intéressant. Mais au moins maintenant vous allez pouvoir continuer à regardez des vidéos super chouettes.



 

A l'image de ce texte, je prends de la place. Prendre de la place = exister quoi d'autre? On s'impose à nos parents, on s'impose à nos voisins, on colonise l'espace vital des misanthropes. 
<3, MDR, ;), XOXOXOXOXXO
Si jamais vous êtes intéressé à continuer cette discussion avec moi, demandez Gringoteq à :

Clinique de la Forêt de Soignes (amener du Lexomil), Chaussée de Tervuren 1, 1410 Waterloo
Ou

Trottoir devant le supermarché Delhaize (amener vos fonds de bouteille et des couvertures) Rue du Hénin, 18, 1050, Ixelles
 

 


[1] Kikoo, ça va ? Je trouve qu’il y a surabondance de l’emploi des substantifs « importance », « rôle » et « place » dans les travaux à rendre mais également dans la vie. Il faut tellement justifier la justification que je me pose la question: qui c’est qui va planter sa houx dans la terre ?

Written by gringoteq

avril 11th, 2013 at 5:22